Le roman des batailles de France (Victor Hugo)

Buzenval

Alors la Gaule, alors la France, alors la gloire,

Alors Brennus, l’audace, et Clovis, la victoire,

Alors le vieux titan celtique aux cheveux longs,

Alors le groupe altier des batailles, Châlons,

Tolbiac la farouche, Asezzo la cruelle,

Bouvines, Marignan, Beaugé, Mons−en−Puelle,

Tours, Ravenne, Agnadel sur son haut palefroi,

Fornoue, Ivry, Coutras, Cérisolles, Rocroy,

Denain et Fontenoy, toutes ces immortelles

Mêlant l’éclair du front au flamboiement des ailes,

Jemmape, Hohenlinden, Lodi, Wagram, Eylau,

Les hommes du dernier carré de Waterloo,

Et tous ces chefs de guerre, Héristal, Charlemagne,

Charles−Martel, Turenne, effroi de l’Allemagne,

Condé, Villars, fameux par un si fier succès,

Cet Achille, Kléber, ce Scipion, Desaix,

Napoléon, plus grand que César et Pompée,

Par la main d’un bandit rendirent leur épée.

(Victor Hugo, L’année Terrible, Août, VI)

La bataille de Soissons, dimanche 15 juin 923 : Deux dynasties pour un royaume

Raoul_roi_de_France Soissons 923« Charles [III de Lorraine] passa la Meuse avec ses Lorrains, qui violaient ainsi la trêve faite précédemment avec [le Roi] Robert [Ier]; il vint à Attigny, ayant appris que Robert campait près de la ville de Soissons, passa l’Aisne tout-à-coup, avant que celui-ci eût pu assembler ses fidèles, et le lendemain, le jour du dimanche, après l’heure de midi, Charles fondit avec ses Lorrains sur Robert et les Francs, qui n’attendaient point de combat en ce jour, et dont beaucoup dînaient alors. Robert fit armer ceux qui étaient avec lui, et marcha contre Charles. Le combat s’engagea; beaucoup périrent de l’un et de l’autre côté; et le roi Robert, percé d’une lance, tomba mort. Cependant ses partisans, ayant à leur tête Hugues, son fils, et Héribert, remportèrent la victoire, et Charles s’enfuit avec ses Lorrains. Les partisans de Robert, occupés de la mort de leur roi, ne continuèrent point à les poursuivre, mais s’emparèrent de leur camp, dont le butin fut pillé surtout par la foule des campagnards et de ceux qui habitaient la banlieue de la ville de Soissons ». (Chronique de Frodoard)