Nouveauté chez StraTaGèMe : Hannibal, l’homme qui fit trembler Rome

Hannibal, Aux sources de l'Histoire volume 4

Hannibal, sa vie, ses guerres, ses batailles, ses adversaires Aux sources de l’Histoire volume 4

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Hannibal Barca (247-183 av. JC), Némésis de Rome

Hannibal, fils d’Hamilcar, n’avait encore que neuf ans, lorsque, au pied des autels, son père lui fit jurer une haine éternelle aux Romains.

HannibalBarcaDès lors, soldat et compagnon d’armes d’Hamilcar, il ne quitta plus le camp paternel. Après la mort d’Hamilcar, cherchant un prétexte de guerre, il attaque Sagonte [219], ville alliée des Romains, et la détruit après six mois de siège. Puis, s’ouvrant une route à travers les Alpes il descend en Italie, où il défait P. Scipion près du Tessin [218], Sempronius Longus sur les bords de la Trébie [218], Flaminius à Trasimène [217], Paul Émile et Varron dans les plaines de Cannes [216]. Il pouvait prendre Rome; mais il se détourna vers la Campanie, dont les délices l’énervèrent. Il vient ensuite camper à trois milles de Rome. Mais des ouragans furieux l’obligent à la retraite. Déconcerté d’abord dans ses plans par Fabius Maximus, puis repoussé par Valerius Flaccus, mis en fuite par Gracchus et par Marcellus, rappelé en Afrique et vaincu par Scipion [202], il se réfugia près d’Antiochus, roi de Syrie, qu’il arma contre les Romains. Après la défaite de ce prince [189], il se retira chez Prusias, roi de Bithynie. Informé là qu’une ambassade romaine demandait, par l’organe de Titus Flamininus qu’il lui fût livré, il prit, pour échapper à ses ennemis, un poison qu’il conservait sous le chaton de sa bague, et mourut de cette manière [183]. Son corps fut déposé, près de Libyssa*, dans un cercueil de pierre, sur lequel on lit encore aujourd’hui cette épitaphe : ICI REPOSE HANNIBAL.

Pseudo-Aurelius Victor, Hommes illustres, 42

* Gebze, en Turquie, où un monument désigne par tradition le lieu supposé de son tombeau

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Ruse, prudence et procrastination : Fabius Maximus le « temporisateur » (IIIe siècle av.JC)

 

Quintus Fabius Maximus Verrucosus Cunctator, cinq fois consul, dictateur de -217

Quintus Fabius, répondit à son fils qui lui conseillait de se saisir d’un poste avantageux, que l’on pouvait emporter au prix de quelques soldats : Veux-tu être l’un de ceux-là ? (Frontin)

Dans la guerre contre Annibal, on parlait désavantageusement de Fabius, parce qu’il évitait d’en venir aux mains. Son fils l’exhortait à se laver de cette tache prétendue. Il fit examiner à son fils chaque partie de l’armée, et lui faisant remarquer les endroits faibles, il lui dit : « Est‑il à propos, à ton avis, de mettre tout au hasard ? Il est rare que toute l’armée combatte, et quelquefois il arrive qu’elle est vaincue par l’endroit où sont les meilleurs soldats. Si l’on veut m’en croire, on n’en viendra point aux mains, on se contentera de suivre les ennemis, de tenir les hauteurs, et de détacher les villes de leurs intérêts. » Ces discours et cette pratique le firent passer dans le temps pour un homme timide, mais quand on eut vu dans la suite que les autres généraux avaient perdu des armées considérables, les Romains eurent recours de nouveau à Fabius et à sa conduite. Il fut fait dictateur, et surnommé Maximus, c’est‑à‑dire, très grand.

Fabius fut surnommé Maximus, c’est‑à‑dire, très grand, et Scipion eut le surnom de grand. Scipion en fut piqué de jalousie, et ne put s’empêcher de dire à Fabius : « On t’appelle très grand pour avoir conservé les troupes, et moi qui ai vaincu Annibal en face, on ne m’appelle que le grand. » Fabius lui répondit : « Si je ne t’avais pas conservé les soldats, tu n’aurais pas eu l’honneur de combattre et de vaincre Annibal. »

Fabius prit par adresse la ville le Tarente, quoique soutenue par Annibal. Il y avait dans l’armée de Fabius un soldat qui était de Tarente. Il avait dans la ville une sœur très belle, dont était amoureux Abrence, à qui Annibal avait confié la garde des murs de Tarente. Fabius, instruit de cette intrigue, envoya le soldat tarentin voir sa sœur. Par le moyen de la maîtresse, le frère se rendit ami du galant, et l’attira dans les intérêts des Romains, jusque‑là qu’Abrence ayant fait ses conditions, enseigna un endroit des murs par où l’attaque serait aisée. Fabius y fit présenter des échelles, monta sur le mur, et prit la ville d’assaut. En cela il fut d’autant plus admiré de tout le monde, qu’il avait employé l’artifice pour vaincre Annibal, qui n’était redevable qu’aux tromperies et qu’à la ruse de la plupart de ses victoires.

Polyen, Ruses de guerre (IIe siècle)